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08 July 2008 @ 03:22 pm
Et puis quand on y pense...  
Hier soir, ou plutôt ce matin, à 3h, dans mon lit, incapable de dormir, je me suis naturellement mise à réflechir.
Quand on est une personne torturée, en colère contre la vie, et plutôt égoïste, qui ne voit que des solutions, non pas forcément violentes, mais systématiquement sadiques et/ou agressives aux problèmes de la vie, quand on est une personne incapable de s'ouvrir aux autres et de partager quoi que ce soit avec qui que ce soit... Quand on est ce genre de personne, est-ce vraiment possible d'aimer ? L'Amour peut-il exister avec une telle personnalité ? Je -et ça n'engage que moi- ne pense pas.
Comment vivre en paix avec le monde quand on est pas capable de se regarder dans un miroir sans avoir une vague de haine ? On ne peut pas. Et quand on est ce quelqu'un, on s'en rend compte ? Est-ce qu'on se rend compte du fait que chaque "Je t'aime, ma puce..." est finalement creux ? Ou est-ce qu'on essaie de se persuader que c'est vrai, qu'on est pas cette personne et qu'on est capable d'aimer ? Peut-être. Ou peut-être que le mal qui ronge cette personnalité est trop profond, et qu'on ne s'en rend même plus compte avec le temps. Parce qu'au final, pourquoi les autres devraient être heureux si on l'est pas ?

Je trouve ça dommage. Je trouve ça d'autant plus dommage de ne le voir que maintenant. D'avoir passer tant de temps à ne pas voir que cette personnalité dévorée par la douleur n'est pas compatible avec le verbe "aimer". Je trouve ça encore plus dommage de ne rien pouvoir y changer, de savoir à l'avance que lui dire tout ceci le mettrait en colère, parce que pour une fois, quelqu'un saurait ce qu'il en est vraiment, et qui pour lui, personne ne sait. Personne ne comprend. Personne ne peut l'aider. Pourquoi pas...? Pourquoi refuser l'aide ? Par peur du changement ? Peur de ne plus savoir comment vivre autrement ? Pourtant je suis (nous sommes, pour la plupart) l'exemple même que c'est possible. Mais pour changer, pour commencer à voir en gris, puis en blanc tout ce qui pour lui est noir de jais, il faudrait avoir confiance. Confiance en quelqu'un, confiance en la vie. Il faudrait cesser de croire que la loi du plus fort est toujours la meilleure. Il faudrait renoncer à la douceur de la haine, tellement plus facile, tellement moins douloureuse que l'amour. Renoncer à faire mal pour se soulager.

Il faudrait y croire. Mais on ne peut pas forcer quelqu'un d'autre que soit à y croire. Ce serait trop facile.
 
 
Humeurs: apathique
Ambiance musicale: Hairy Toes - Goldfrapp